| Présentation
Les
silences de Présailles font penser aux vers de Rimbaud,
à ce "petit val qui mousse de rayons", tes
silences, c'est-à- dire les temps de repos entre quelques
bruits : l'aboiement pacifique d'un chien, fe vent dans les
fleurs, le rire aigu d'un enfant, tout cela dessine pour l'oreille
la carte de l'endroit, son espace infiniment sensible. C'est
un langage dont je ne sais comment expliquer l'importance. Le
coin d'une maison de pierre sous ses lauzes est une pensée,
comme la parole d'une femme qui ramène les vaches à
la nuit tombante. Et tout cela mélangé dit au
passant : "Regarde bien ; regarde à quelle colline,
à quel clocher, à quelle baraque, à quel
cimetière, à quelle épicerie doit ressembler
la liberté. Si tu parviens à t'en souvenir, la
folie industrielle des fous t'atteindra peut-être encore
mais sans te transformer toi-même en nuisance. Et c'est
en cessant de nuire avec ton porte-monnaie et les vantardises
de ta mauvaise conscience que tu commenceras à vivre.
"
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